Aller au contenu

Achat à deux avec des enfants : quelles clauses demander au notaire pour protéger votre famille ?

Avatar de Jean-Rémi, généré grâce à l'IA

Voir sur YouTube

Lorsque deux personnes achètent ensemble avec des enfants, le notaire peut prévoir dans l'acte une clause de tontine, des parts inégales et une clause de préemption. Elles organisent ce qui se passe en cas de décès, de séparation ou de difficulté financière d'un des deux. Elles doivent être étudiées avant la signature, car elles ont des effets durables et ne conviennent pas à toutes les familles.

Ce que dit la vidéo, et pourquoi cela compte

Quand un couple achète sa résidence, on pense d'abord au prix, au prêt et aux travaux. On pense rarement à la question suivante : que devient le logement si l'un des deux décède, si le couple se sépare ou si l'un ne peut plus payer ? Sans précaution, c'est la loi qui répond, et sa réponse ne correspond pas toujours à ce que la famille aurait souhaité.

La vidéo présente trois clauses que le notaire peut proposer : la tontine, les parts inégales et la préemption. Selon elle, la plupart des couples ne les demandent pas, simplement parce qu'ils ignorent qu'elles existent. Cette page explique ce que chacune permet, ses limites et la façon de préparer le rendez-vous chez le notaire.

Comment fonctionnent les trois clauses

La clause de tontine (on parle aussi de clause d'accession). Les deux acquéreurs conviennent que, au décès de l'un, le survivant est considéré comme propriétaire du bien depuis l'origine. Le logement reste donc à celui qui reste, sans passer par une indivision avec les héritiers du défunt. C'est rassurant pour le foyer, mais il faut en connaître le revers : cette clause fonctionne comme un pari sur la durée de vie de chacun. Elle a aussi un effet sur les enfants, qui ne reçoivent pas directement la part du parent décédé, notamment si l'un des deux a des enfants d'une précédente union. Elle est en principe difficile à remettre en cause une fois signée.

Les parts inégales. Par défaut, on répartit souvent le bien à parts égales, même quand l'un a financé davantage (apport, remboursement du prêt, aide familiale). Le notaire peut inscrire dans l'acte une répartition qui reflète les apports réels de chacun. En cas de séparation ou de vente, le partage est alors plus lisible et plus équitable, car la répartition est écrite dès le départ.

La clause de préemption. Elle donne à l'un des propriétaires un droit de priorité pour racheter la part de l'autre si celui-ci veut partir ou ne peut plus assumer sa part. Elle évite qu'un tiers entre dans le bien ou qu'une vente forcée soit la seule issue. Elle figure généralement dans l'acte ou dans une convention d'indivision rédigée par le notaire.

Concrètement : la méthode avant la signature

  • Faire le point sur la situation familiale : couple marié, pacsé ou non, enfants communs, enfants d'une précédente union, enfant à venir. Ces éléments conditionnent le choix des clauses.
  • Chiffrer les apports de chacun : apport personnel, part du prêt remboursée, aides reçues de la famille. Ces informations servent à fixer les parts.
  • Évoquer le sujet avec le notaire dès le début, et non le jour de la signature, pour avoir le temps de comparer les options.
  • Demander les conséquences de chaque clause : pour le survivant, pour les enfants, en cas de séparation et sur le plan fiscal. Les règles fiscales évoluent, faites-les confirmer.
  • Vérifier la cohérence d'ensemble : les clauses, le testament éventuel, le régime matrimonial et l'assurance du prêt doivent aller dans le même sens.
  • Relire l'acte et faire reformuler tout ce qui n'est pas clair avant de signer.

Les erreurs fréquentes et points de vigilance

  • Choisir la tontine par réflexe. Elle protège le survivant, mais peut priver les enfants du parent décédé de leur part dans le logement. Elle convient mal aux familles recomposées sans réflexion préalable.
  • Associer tontine et apports très différents sans y réfléchir. Celui qui a le plus financé peut perdre l'avantage de son effort si l'autre lui survit.
  • Oublier le prêt. Une clause de l'acte ne change rien aux obligations envers la banque. Si l'un des deux part, le crédit continue de lier les emprunteurs, sauf accord de la banque. De même, racheter une part suppose de pouvoir financer ce rachat. Notre page sur le [budget et le financement d'un achat](/budget-achat-auxerre/) aide à préparer ce point.
  • Négliger l'invalidité. Le décès et la séparation ne sont pas les seuls risques. Interrogez votre banque sur les garanties de l'assurance emprunteur en cas de décès et d'invalidité, car les clauses de propriété ne remplacent pas cette protection.
  • Croire que tout est figé. Une situation familiale change. Certaines clauses sont difficiles à modifier, d'où l'intérêt de bien les choisir au départ.

À qui s'adresser et que préparer

Le notaire est le seul professionnel qui rédige ces clauses et en mesure les effets juridiques dans votre situation. Il est tenu de vous conseiller, mais il faut lui poser la question : il n'ajoute pas toujours de lui-même des clauses facultatives.

Pour le rendez-vous, préparez :

  • une pièce d'identité et les informations sur votre situation de famille ;
  • le détail de ce que chacun apporte et de la manière dont le prêt sera remboursé ;
  • l'offre de prêt ou la simulation de la banque ;
  • vos questions écrites, notamment : « Que se passe-t-il pour nos enfants si l'un de nous décède ? » ou « Comment racheter la part de l'autre ? »

Votre agent immobilier peut vous aider à organiser le projet d'achat et vous orienter vers les bons interlocuteurs. Pour d'autres questions courantes, consultez la [FAQ immobilier](/faq-immobilier-auxerre/). Les informations de cette page sont générales et ne remplacent pas le conseil personnalisé d'un notaire.

Points clés

  • La tontine fait du survivant le propriétaire du bien, mais elle peut priver les enfants du parent décédé de sa part.
  • Les parts inégales permettent de répartir la propriété selon les apports réels de chacun.
  • La clause de préemption donne à l'un la priorité pour racheter la part de l'autre.
  • Ces clauses doivent être demandées au notaire avant la signature et vérifiées avec le prêt, l'assurance et la situation familiale.
  • Les conséquences fiscales et juridiques se font confirmer par le notaire.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une clause de tontine dans un achat immobilier ?
C'est une clause par laquelle les acquéreurs prévoient que le survivant sera considéré comme seul propriétaire du bien depuis l'origine. Le logement ne se partage donc pas avec les héritiers du défunt. En contrepartie, celui qui décède en premier perd sa part, et ses enfants ne la reçoivent pas directement.
La tontine est-elle adaptée à une famille recomposée ?
Elle demande beaucoup de prudence. Si l'un des deux a des enfants d'une précédente union, ceux-ci peuvent ne rien recevoir du logement au décès de leur parent. Le notaire peut présenter d'autres solutions, comme un testament ou une répartition différente des parts.
Peut-on acheter à parts inégales si l'on n'est pas marié ?
Oui, c'est une pratique courante : l'acte peut répartir la propriété selon la contribution de chacun. Il est préférable de la prévoir dès l'achat plutôt que d'avoir à prouver les apports après une séparation. Le notaire vous indiquera comment la rédiger.
Que permet la clause de préemption entre copropriétaires ?
Elle permet à l'un de racheter en priorité la part de l'autre si celui-ci souhaite partir ou ne peut plus assumer sa part. Cela évite l'arrivée d'un tiers dans le bien. Reste à pouvoir financer le rachat, ce qui se vérifie avec la banque.
Ces clauses protègent-elles en cas d'invalidité ou de perte de revenus ?
Elles organisent la propriété du bien, mais ne paient pas les mensualités du prêt. La protection contre l'invalidité relève surtout de l'assurance emprunteur et de ses garanties. Interrogez la banque et le notaire pour que l'ensemble soit cohérent.
Lire la transcription

Vous achetez à deux, avec des enfants ou un bébé en route ? Stop, écoutez bien !

Neuf couples sur dix ne demandent jamais ces trois clauses à leur notaire. Tout simplement parce qu'ils ne savent pas qu'elles existent !

Un : la clause de tontine. En cas de décès, le survivant devient propriétaire du bien. Votre famille reste dans la maison.

Deux : les parts inégales. Chacun est propriétaire à hauteur de ce qu'il a réellement apporté. Si vous vous séparez, c'est clair et juste.

Trois : la clause de préemption. Si l'un ne peut plus assumer, ou veut partir, l'autre peut racheter sa part en priorité.

Ces clauses protègent chaque membre de la famille. Parlez-en à votre notaire avant de signer !

Un projet d'achat ? Contactez Guy Hoquet Auxerre. Likez et abonnez-vous pour d'autres conseils !

Information générale, ne constitue pas un conseil personnalisé.

Un projet immobilier à Auxerre ?